Book #119 : Anno Dracula de Kim Newman


Traduction : Thierry Arson (et Maxime Le Dain pour les bonus)
Édition : Bragelonne
Genre : fantastique
418 pages
Publication : 2016
16.90 €
Coup de cœur ♥


«  Le sang est chose trop précieuse en ces temps de paix déshonorante et la gloire des grandes races n’est plus qu’une histoire racontée au coin des feux. » (p. 7)

Synopsis
Londres, 1888. Rien ne va plus depuis que la reine Victoria s’est entichée du comte Dracula. Les vampires sont alors de plus en plus nombreux à peupler les rues de la capitale britannique. Jusqu’au jour où un dénommé Scalpel d’Argent décide de s’en prendre aux prostituées vampires du quartier malfamé de Whitechapel …

Mon avis

« Après avoir découpé le corset sans mal, j’ai mis au jour le cœur, j’ai détaché les intestins du mésentère, démêlé environ un mètre du côlon et pratiqué l’ablation des reins et d’une partie de l’utérus. Ensuite, j’ai élargi l’incision initiale au cou. Une fois les vertèbres visibles, j’ai saisi la tête et l’ai tournée jusqu’à ce que les cervicales cèdent. » (p. 14)

Un peu glauque comme démarrage pour une chronique ?! Eh bien entre Dracula et Scalpel d’argent, je peux vous dire que l’on est pas au pays des Bisounours ! Autant être prévenus dès le début, non ^^’ ?!
Mais sinon, c’est une histoire vraiment prenante : nous suivons Jack, Geneviève et Charles Beauregard dans un Londres dominé par les non-morts, entre complot politique, vengeance et quête d’un passé révolu. Plusieurs fils s’entremêlent, l’histoire peut paraître complexe à certains moments, mais au final tout se répond et tout est lié. L’auteur y fait de nombreuses références au mythe du vampire avec les personnages de Bram Stocker et de Van Helsing qui apparaissent dans le roman, mais aussi des références littéraires avec notamment Oscar Wilde, un fameux vampire dans le récit. Tout cela donne une histoire passionnante, trépidante.
Il n’y a pas de réel suspens pour ce qui est de découvrir l’identité du tueur car nous la connaissons dès le début, mais plusieurs histoires parallèles viennent se greffer à cette intrigue principale (les meurtres de Whitechapel) et ce sont elles les plus intéressantes (notamment celle de Geneviève Dieudonné), ce qui fait que l’on n’a qu’une idée en tête : lire, lire, lire !!!

« Quand un vampire est tué, expliqua Lestrade, vous pouvez être sûr de voir arriver Jekyll. Il y a quelque chose de bizarre chez cet individu, si vous me comprenez… » (p. 44)

J’ai adoré les personnages de Charles et de Geneviève. Lui est charismatique, mystérieux, profond. On ne connait pas vraiment ses motivations, pourquoi il s’intéresse autant aux meurtres, pourquoi il est aussi distant avec sa fiancée (mais personnellement, je le suivrai sans hésitation dans les rues brumeuses de Londres !! Il a l’air digne de confiance, malgré sa part de mystère, et cela me suffit amplement >.< !). Quant à Geneviève, c’est le personnage fort du roman. Il ne faut surtout pas se fier à sa jeune et fragile apparence, c’est une vampire de plusieurs centaines d’années (elle a donc déjà bien vécu la p’tite dame !). Elle sait ce qu’elle veut et fait tout pour y arriver, contrairement à Pénélope qui, elle, subit sa vie (et qui devient vampire par débit et jalousie). Et pour ce qui est de Scalpel d’Argent, c’est une sorte de cousin de Jack l’Éventreur. Un personnage profond, pas vraiment mystérieux (on devine assez tôt ses motivations) mais plutôt bien construit, avec ce grain de folie qui lui va très bien.
Concernant la plume, je dois bien l’avouer… elle est franchement prenante ! On est happé dans le récit et c’est très compliqué d’en sortir (même si j’ai mis 1 mois à le lire, enfin à dépasser le 5e chapitre en fait…, car je n’avais pas vraiment la tête à ça au moment où je l’ai commencé). C’est un roman qui, je pense, doit être lu au « bon moment » car on peut facilement se lasser de sa complexité et rapidement décrocher. Au début, le nombre de personnages m’a vraiment fait peur, je me suis dit que je n’allais jamais réussir à tous les assimiler, mais au final on retient assez aisément les principaux en laissant ceux plus secondaires au second plan. 

« – […] Ceci est le modèle Reid, du nom d’un gentleman yankee qui a dit que les balles devaient être chères, pour rappeler que la vie n’est pas une denrée qu’on doit gaspiller.
– Une pensée admirable. Et étonnante de la part d’un Américain… » (p. 114)

 En conclusion, gros coup de coeur pour ce roman ! L’intrigue est prenante, les personnages charismatiques et attachants, et la plume addictive ! L’auteur s’approprie et revisite avec brio le mythe du vampire. Le tome 2 m’attend déjà (et depuis un moment… ne sachant même pas qu’il s’agissait d’une deuxième tome lorsque je l’ai eu…) sur mes étagères. Hâte de découvrir la suite des aventures de Charles et Dracula. Et vous, l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Bonne lecture et à bientôt !
S.

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