Book #97 : Les Dieux du Tango de Carolina de Robertis


Édition : Cherche midi
Traduction : Eva Monteilhet
Genre : littérature étrangère
504 pages
Publication : 2017
22.00 €
×××


« Elle laissait derrière elle la malle d’Italie avec ses robes vides et bien pliées, vestiges d’une femme qui n’était plus de ce monde. » (p. 201)

Synopsis
1913. Leda quitte son village d’Italie natal pour rejoindre son mari/cousin, Dante, à Buenos Aires avec dans sa malle, au milieu de ses robes, le violon que son père lui a légué. Une fois débarquée dans ce pays inconnu, elle apprend la mort de Dante. Que doit-elle faire ? Rentrer en Italie, auprès de sa famille, ou bien rester en Argentine et vivre de cette passion interdite aux femmes, le violon ? Leda choisit la seconde option et découvre alors ce nouveau monde à travers le tango.

Mon avis
Je remercie bien sûr les éditions du Cherche midi pour cette très belle lecture
.
Le roman est divisée en trois parties (très inégales) et nous suivons Leda dans cette folle aventure qu’est la découverte du tango et de Buenos Aires.
La première partie relate la vie de Lada, sa vie de femme : elle a immigré en Argentine pour rejoindre son cousin, Dante, qu’elle a épousé depuis l’Italie, elle devient veuve alors qu’elle n’a que 17 ans et doit faire face à cette nouvelle vie loin des siens dans une ville qui lui est totalement inconnue. J’ai trouvé cette première partie plutôt molle… Il ne s’y passe pas grand chose, il faut dire que Leda subit plus qu’elle n’agit (en même temps, elle ne peut pas faire grand chose ! Les femmes étant enfermées dans les travaux de couture, seul métier qu’elles peuvent exercer), elle ne sort pas beaucoup (courses et messe). Elle n’a aucune liberté, ce à quoi Leda aspire : elle est dans un noueau pays, loin de l’autorité familiale et elle pourrait enfin faire ce qui lui plait mais dans cette ville les femmes sont traitées comme partout ailleurs… Ce n’est que dans la deuxième partie qu’elle trouve enfin cette liberté, mais elle doit tout abandonner, s’abandonner elle-même pour y accéder. Elle se détache alors de sa condition de femme en adoptant le costume, la coiffure et le comportement d’un homme, de Dante. Elle devient alors « une-fin-de-femme-début-d’homme » (p. 228). Mais cette deuxième partie est aussi assez lente, il y a trop de détails qui ralentissent le récit, qui ne sont pas forcément très intéressants ou bien trop répétitifs, alors que tout s’accélère dans la troisième partie qui est toute petite (j’aurais préféré que l’auteure passe plus de temps sur celle-ci que sur la première par exemple, qu’elle la développe davantage), elle n’es pas assez développé, l’on passe trop vite sur certains passages, même si elle reste très intéressante (mais je ne vous en dirai pas plus ! Il faudra aller lire le roman 😉 ) !.
Le personnage de Leda est plutôt attachant, même si j’ai eu beaucoup de mal avec elle au début. C’est un personnage qui évolue un peu au fil des pages, passant de la jeune fille timide à la musicienne à l’aise devant son public. Mais j’ai trouvé qu’elle manquait d’un poil de profondeur. Quant aux autres personnages que l’on croise, ils ne sont pas assez développés pour que l’on s’attache à eux. Je sais bien que le personnage principal est Leda, mais ce n’est pas une raison pour aussi peu développer les autres protagonistes, sans qui tout de même rien de tout cela ne lui serait arrivé !
Quant à la plume, je n’ai pas du tout accroché… Je l’ai trouvée trop lourde pour parler de quelque chose d’aussi léger que la musique, et sans émotions alors que le tango est vraiment quelque chose qui en est rempli. Bref pas assez de légèreté et d’émotions quoi. De plus, malgré la beauté de l’histoire, j’ai trouvé que l’auteure mettait plus en avant l’émancipation de Leda par le sexe, que par la musique (la thème principal du roman normalement, mais qui est relégué au dernier plan au final) ce qui ne revient pas du tout à la même chose. Je trouve cela vraiment dommage que la musique ne soit pas restée au premier plan, que ce ne soit pas grâce au tango qu’elle se sente vraiment en accord avec elle-même, totalement libre et libérée des carcans qui l’enfermaient (mais plutôt grâce aux bordels et à tout ce que cela a entraîné…).

En conclusion
, j’ai beaucoup aimé cette lecture. Les thèmes abordés par l’auteure sont très intéressants et enrichissants la passion de la musique mais aussi l’amour, l’émancipation de la femme, l’homosexualité, la découverte des origines du tango et du Buenos Aires du début du 20e siècle. Néanmoins, j’ai trouvé le style beaucoup trop lourd pour un roman censé parler de la légèreté de la musique et sans réelles émotions. Je vous le conseille tout de même pour la beauté de l’histoire (et pour la beauté de cette couverture…) ! Et vous, l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Bonne lecture et à bientôt !

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