Book #84 : Funérailles célestes de Xinran


Édition : Picquier Poche
Traduction : Maïa Bhâratî
Genre : littérature étrangère
224 pages
Publication : 2012
7.50 €
Coup de cœur ♥


« Les hommes font partie de la nature […]. Nous arrivons dans ce monde de façon naturelle et nous le quittons de façon naturelle. La vie et la mort font partie de la roue de la réincarnation. La mort n’est pas à craindre. Nous attendons ardemment notre prochaine vie. » (p. 168)

Synopsis
Chine, 1958. Shu Wen et Wang Kejun sont mariés depuis quelques semaines lorsqu’elle apprend la mort de ce dernier. Kejun s’était engagé dans l’Armée populaire de libération, en tant que médecin, pour venir en aide à la population tibétaine. Refusant de croire à sa mort, Wen s’engage elle aussi afin de partir à la recherche de son bien-aimé. Au Tibet, elle découvrira des gens humbles et généreux, une culture, une spiritualité.

Mon avis
Bon, je remercie Vio’ du blog Pikobooks pour la découverte de ce roman (franchement, sans elle, je serai passée totalement à côté : je ne connaissais pas l’auteure et je n’avais jamais entendu parler de ce roman). Une très belle découverte et une délicieuse lecture !
Bon, je sens que je vais me répéter, mais cette histoire est vraiment touchante. L’on suit Shu Wen à la recherche de son mari au cœur d’un pays qu’elle ne connait pas, le Tibet, dont elle ne parle pas la langue et sur lequel elle a de nombreux a priori. Je me suis donc dit dès le début : « ce n’est pas possible, elle n’a pas pu survivre 30 ans là-bas ! Mais comment elle a fait ?! ». L’on suit aussi l’évolution de ce personnage au fil des pages, on découvre des paysages magnifiques que l’auteure décrit extrêmement bien (le tout étant tirée d’une histoire vraie racontée par Shu Wen à l’auteure), j’avais l’impression de suivre Wen, Zhuoma et la famille tibétaine qui les a recueillies. Tout est vraiment très beau, mais l’on comprend et devine vite la fin de l’histoire (et c’est une fin extrêmement triste, après toutes ces années à le chercher, Wen découvre enfin ce qui est arrivé à son mari, ses funérailles célestes, sa mort en “héros”, l’on fait le lien entre ce qu’à entendu Xinran petite et Kejun, l’on comprend que tout à un sens finalement, que tout est lié. Grâce au sacrifice de sa propre vie, Kejun montre que les Tibétains et les Chinois ne sont pas si différents que cela, et que des croyances différentes, divergentes ne doivent pas être une raison de se détester.).
Comme dit précédemment, l’évolution de Wen est flagrante, elle devient de plus en plus forte, à l’aise, sereine au fur et à mesure de l’avancée de son voyage (un peu comme un voyage intérieur). Ces trente années au Tibet lui ont permis de se recentrer sur elle-même, sur ce qui est nécessaire pour vivre et ce qui ne l’est pas. L’on s’attache très rapidement aux autres personnages aussi, Zhuoma, Tienanmen, Gela et sa famille, ils sont l’incarnation de la générosité de ce peuple, ils sont au centre de l’histoire, sans eux Wen n’aurait pas pu survivre (elle se serait fait tuer dès le début sans sa rencontre avec Zhuoma). Cette histoire nous montre que ces gens, ces nomades, qui ne possédaient presque rien, si ce n’est l’amour de leur famille, de quoi subsister et surtout leurs croyances, ont tout de même accueilli à bras ouverts ces deux femmes, les ont sauvé d’une mort certaine. Leur vie, et celle de Wen aussi une fois qu’elle a intégré cette famille, est rythmée par les prières, ce qui instaure une routine quotidienne et une sensation de sécurité. « Om mani pedme hum« , mantra qu’ils répètent régulièrement et qui les protègent, restera gravé dans la mémoire de Wen ainsi que dans la mienne. Je n’ai jamais ressorti ce vide, cette solitude qui entourait parfois Wen (plaines désertes, personne avec qui converser…), la famille est tellement soudée que j’ai plus eu ce sentiment de chaleur, de sécurité, de protection, je m’y sentais bien dans ce roman, un peu comme dans cocon familial.
La plume, l’écriture sont très prenantes. J’ai rapidement plongé dans ce roman, j’ai voyagé aux côtés de Wen et j’ai moi aussi découvert beaucoup de choses. La façon que l’auteur a de mettre en mots l’histoire, le voyage de Wen est presque poétique. Tout n’est qu’émotion, paysages et zénitude absolue. Je me suis sentie reposée à chaque fois que je posais (difficilement) le livre, très prenant comme histoire.

En conclusion
, c’est un roman, basée sur une histoire vraie, qu’il faut absolument avoir lu au moins une fois dans sa vie. La plume est belle et prenante, l’histoire est touchante et émouvante, et les personnages sont très attachants. Funérailles célestes est un roman magnifique sur la mort, l’amour, la spiritualité, mais aussi sur le dépassement de soi et l’espoir. L’espoir de Shu Wen, ainsi que du lecteur, de revoir Kejun et la volonté tenace de savoir ce qui lui est arrivé. Et vous, l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Bonne lecture et à bientôt !20170213_141319

 

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2 réflexions sur “Book #84 : Funérailles célestes de Xinran

    • Oh mais tu me flatte là… Je suis rouge comme une pivoine :).
      Un grand, énorme, immense merci à toi pour la découverte de cette pépite littéraire. Cela aurait vraiment été bête de passer à côté. MERCI MERCI MERCI (maintenant je le conseille à tout le monde autour de moi ^^ !)

      J'aime

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