Book #29 : Une partie de campagne et autres nouvelles de Guy de Maupassant


Édition : Librio
Genre : recueil de nouvelles
100 pages
Publication : 2009
2 €


« […] elle est loyale, la grande mer ; tandis que la rivière est silencieuse et perfide. » (p. 20)

Synopsis
Recueil de 11 nouvelles où Guy de Maupassant nous décrit les mœurs des pêcheurs normands, des commerçants parisiens ou encore des filles de ferme, le tout empli d’ironie et de cynisme.

Mon avis
Une partie de campagne
Un couple de commerçants parisiens, accompagné de leur fille, de la grand-mère et de leur vendeur, s’en vont pour une journée à la campagne. Ils s’arrêtent donc dans une auberge et décident de déjeuner dans l’herbe. Là, ils rencontrent deux canotiers (charmants du point de vue de la mère et de la fille) qui, après un repas bien arrosé et bien lourd, leur proposent une balade sur la rivière à bord de leurs yoles. C’est ainsi que la mère, Pétronille, et la fille, Henriette, se retrouvent seules avec chacune un canotier…
Les descriptions des personnages ne sont pas du tout flatteuses pour certains ! La mère est aussi grosse que le père est laid, et le seul attribut physique du vendeur est sa chevelure jaune (il n’est d’ailleurs pas nommé !). Tandis que la jeune fille, Henriette, est jolie, grande et mince (tout le contraire de sa mère !!). L’écriture n’est pas extraordinaire mais elle est simple et explicite ! Le décor, soleil, herbe, rivière, donne très envie d’aller passer un dimanche à la campagne 😉 ! Cette nouvelle nous raconte donc les premiers émois amoureux d’une jeune fille qui ne connaissant rien de cela et qui se laisse entraîner dans un tourbillon de sensations à cause de quoi ? le soleil ? le vin ? le doux chant du rossignol ? …

Sur l’eau
L’histoire commençait pourtant bien ! Un vieux canotier raconte au narrateur comment, une nuit, il resta coincer sur son embarcation… L’atmosphère devient de plus en plus pesante au fil de la nouvelle, le stress et la peur du canotier nous envahissent à notre tour (un craquement dans l’appartement m’a tout de même fait sursauter ^^, c’est pour vous dire l’intensité du suspens !). L’écriture est très prenante et la lecture s’est faite très rapidement (les descriptions y sont pour beaucoup). La fin de l’histoire n’est pas très réjouissante, elle est même plutôt effroyable…
J’ai plus apprécié cette nouvelle que la précédente, l’atmosphère et le décor me correspondaient un peu mieux je pense !. n

Histoire d’une fille de ferme
C’est l’histoire de Rose, servante, qui se fait avoir par un garçon de ferme qui la séduit pour l’abandonner par la suite.
Cette nouvelle nous permet de découvrir les mœurs de l’époque à la campagne, c’est le seul côté intéressant de l’histoire (même s’il est fait avec une certaine ironie). Les jeunes filles y sont robustes mais un peu naïves… Cette histoire ne m’a pas plu, l’histoire y est assez simple mais l’on tape à nouveau sur les femmes qui sont décrites comme faibles et nunuches alors que les hommes sont forts et intéressés, elles y font la potée pendant qu’ils donnent des ordres… L’écriture est simple mais je n’y ai décelé aucune profondeur, le décor est ordinaire (une ferme) et les personnages assez énervants : Rose ne fait que pleurer et se morfondre sur elle-même, Jacques est un lâche, et le fermier (sans nom) crie tout le temps. Même si l’on a envie de connaître la fin de l’histoire et même si la nouvelles est très courte (une dizaine de pages), j’ai failli m’endormir pendant ma lecture ! C’est très pauvre en action et du coup, on peut s’ennuyer :s…

Le vieux
C’est l’histoire assez lugubre d’un vieux sur son lit de mort et dont la famille commence à organiser l’enterrement alors qu’il n’est pas encore mort (vous me suivez toujours ?!)… Tandis que le gendre s’en va prévenir les proches de la ville d’à côté, la fille prépare de quoi manger après l’inhumation. Mais tout ne va pas se passer comme prévu…
L’on se doute dès le début que la fin ne sera pas aussi simple que la fille et le gendre du vieux le pensent ! L’on sent que quelque chose va se passer, mais on ne sait pas quoi. L’écriture est toujours aussi simple et fluide. Le décor semble assez sombre. Et les personnages sont insensibles : le père est sur son lit de mort mais ils ne pensent qu’à l’enterrement et aux choses qu’ils vont manger et boire. La fin de cette nouvelle peut se lire comme une morale (il faut savoir attendre et ne pas se précipiter).

L’ivrogne
La preuve que l’alcool n’est vraiment pas bon pour la santé… Cette nouvelle nous narre l’histoire de Jérémie que son ami, Mathurin, invite à boire un verre dans une auberge. L’un s’enivre tandis que l’autre s’en amuse. Tout cela ne présage rien de bon !
Encore une fois, la fin nous surprend (et pas dans le bon sens :s). Le décor est bruyant, échauffé et propice à l’enivrement et à l’exaltation des sens. L’on a l’impression de sentir nous même ces vapeurs d’alcool qui s’échappe de Jérémie, de même que la chaleur de cette auberge. La complicité entre le patron et Mathurin nous montre que ce dernier cache quelque chose à son ami, qu’il veut lui jouer un mauvais tour… Mais lequel ? Le lecteur s’en doutera à la fin, sans pour autant en être sûr à 100%.

Coco
La pire de toute… Il s’agit de la violence faite à l’encontre d’un être sans aucune défense, un cheval, par une saleté de garnement.
Le jeune garçon, Isidore, est décrit comme un être ignoble, aussi ignoble que ses gestes, par le narrateur. Alors que l’animal est lui décrit de façon méliorative. Même si le lecteur s’insurge, il est le seul témoin de ces atrocités et ne peut donc rien faire d’autre que d’espérer l’intervention de l’un des autre personnage. Cette courte histoire nous montre que l’on délaisse trop souvent les êtres les plus faibles, la maîtresse du cheval aurait mieux fait de s’en occuper elle-même plutôt que de le confier à un jeune garçon qui n’en a rien à faire.

Au printemps
Un petit récit sur les effets du printemps, aussi bien sur les hommes que sur les femmes. Notre narrateur tombe sous le charme d’une jeune femme, mais un homme voyant ce qui se passe entre eux, tente de le prévenir…
Une histoire assez sympathique, si l’on retire le côté négatif des femmes (comme d’habitude nous sommes bêtes mais aussi calculatrices…). Alors que les personnages masculins sont décrits comme romantiques, ne cherchant que tendresse et voluptés ! Le thème n’est pas extraordinaire (effet du retour du beau temps sur les cœurs et les esprits). Je préfère de loin ce thème de la reverdie dans les récits du Moyen Âge, où il est beaucoup plus poétique. Encore un court texte qui se lit très rapidement mais qui ne m’a fait ressentir aucune émotion.

La femme de Paul
Le narrateur nous raconte une histoire d’amour, qui se termine plutôt mal entre deux jeunes gens, Madeleine et Paul.
L’auteur nous parle ici de l’amour entre femmes, chose que le personnage masculin, Paul, méprise. L’histoire prend un tournant assez tendu à partir du moment où Madeleine rencontre Pauline (surnommé Lesbos) et où Paul comprend la relation qui unit Pauline (son équivalent féminin) et Madeleine. Le décor printanier et floral est en total contradiction avec la relation entre Paul et Madeleine qui semble être emplie d’amour mais uniquement dans un seul sens… L’écriture transmet vraiment cette tension amour/haine et nous donne envie de connaître la fin de l’histoire, qui finit encore très mal !!

Le gueux
On lit ici l’histoire d’un homme miséreux qui a perdu l’usage de ses deux jambes et qui ne sait rien faire d’autre que mendier. Alors que les paysans du village où il tente de survivre le méprisent et le chassent, il se décide, tenaillé par la faim, à chasser une poule…
Encore un récit bien triste, mais qui se termine tout de même par un point d’exclamation. Maupassant nous montre une fois de plus la cruauté humaine, les paysans laissent cet être faible, qui vient à en perdre l’usage de sa propre langue (il ne comprend plus lorsqu’on lui parle), seul et sans nourriture. Le décor est encore une fois misérable, sombre, boueux et l’écriture le décrit très bien. La fin n’est pas top (comme d’habitude depuis le début du réceuil…).

Histoire vraie
AUn chasseur raconte à ses compagnons une aventure qui lui est arrivée avec une bonne et met en garde l’un d’eux.
Je n’ai pas trouvé grand intérêt à cette petite histoire. Elle se lit très vite, c’est un bon point ! L’écriture est simple, peu de descriptions contrairement aux autres nouvelles. Et le thème reste ordinaire : un homme riche s’éprend d’une bonne, la met enceinte et la marie de force avec un paysan du coin. Le personnages sont plats, sans profondeurs. Les histoires sur la vie paysanne ne sont définitivement pas pour moi lorsqu’il n’y a aucune action ! (dois-je vous dire que l’histoire se termine, une fois de plus, mal ?!)

La roche aux Guillemots
On rencontre ici trois quatre chasseurs de guillemots (oiseaux migrateurs) à Étretat.
L’on assiste donc à une séance de chasse (déplaisante au plus au point… bref passons), mais alors que le lecteur s’attend, encore, à une fin terrible à propos de cette histoire, c’est une toute autre annonce (tout aussi morbide) qui est faite ! Ne vous attendez donc pas à une fin en rapport avec la chasse de ces oiseaux, mais plus personnelle concernant l’un des protagonistes. Très peu de descriptions, donc l’une des nouvelles les moins ennuyantes. Cependant le thème ne m’a pas plu, donc ma lecture n’a pas été plaisante non plus.

En conclusion, la lecture de ce recueil a été plus ou moins plaisante et je ne la réitèrerai pas (seule la nouvelle Sur l’eau a été agréable à lire). Les thèmes abordés et l’écriture y sont très intéressants (on en apprend beaucoup sur les coutumes des paysans, des parisiens et des Normands) mais ne m’ont pas plus transporté que ça ! Les dialogues, où le parler paysans est retranscrit, sont assez drôles et parfois incompréhensibles à la première lecture ! Les descriptions sont très bien faites, mais un peu trop présentes (je les aime chez Balzac et Zola mais ici je les ai trouvées ennuyantes). J’ai donc un avis mitigé sur ce recueil que je n’ai ni aimé ni pas aimé, je l’ai trouvé passable. Et vous, l’avez-vous lu? Qu’en avez-vous pensé ?

Bonne lecture et à bientôt !Une partie de campagne

 

(si vous avez un bouquin à me conseiller, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires !)

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5 réflexions sur “Book #29 : Une partie de campagne et autres nouvelles de Guy de Maupassant

  1. J’ai étudié quelques nouvelles de Maupassant au collège, j’avais détesté. Et puis, bien plus tard, je suis tombée sur « Bel-Ami ». Tant de modernité et d’ironie, je me suis régalée ! J’aime aussi beaucoup « Notre Coeur », un de ses romans les moins connus, dans le genre cruel et romantique.

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